… à ce que l’on sache, en prélude de ce nième dialogue national qui se pointe à l’horizon…

 

 

Quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas de trouver une solution qui n’est qu’une réponse opportuniste à une situation. Elle ne se constitue pas dans la durée et ne s’inscrit pas dans l’évolution de la société et de ses structures sociales. C’est plutôt un véritable changement qu’il s’agit, c’est-à-dire un apprentissage qui apprend à apprendre ensemble, c’est-à-dire le dépassement de la crise.

 

En fait, cette crise sous-tend à cette pensée implicite: le partage des ressources de l’État.

 

Il faudrait un changement dans la gestion de la chose publique et puis en dehors des fonctions publiques de l’État qui distribue des sinécures sous forme d’emplois afin de détourner l’opinion publique, de trouver un cadre économique qui puisse permettre aux centrafricains de créer, de travailler, de s’épanouir.

 

Aujourd’hui l’État est la seule entreprise où se partage toute la richesse du pays d’où le combat des protagonistes, est la toile de fond utilisée par certains esprits qui soutiennent manière insidieusement cette violence intrépide.

 

La RCA a succombé aux lois impitoyables de la détérioration et de la décadence économique. C’est depuis le départ des entreprises françaises et portugaises dans les années 80, que la RCA a succombé dans la décadence par manque de cette poignée d’hommes élites centrafricains capables de relever le défi dû au départ.

 

Les centrafricains n’ont pas encore compris les lois de l’esprit, c’est-à-dire ces lois de la pensée qui gouvernent les économies. Ils préfèrent la certitude morne de la fonction publique où les agents de l’État font juste le minimum et non la lutte perpétuelle et imprévisible qui permette à l’homme d’étendre son emprise sur la nature et accroître la richesse matérielle.

 

C’est depuis les années 80 que la RCA vit en vase clos, où l’effort humain, la créativité et l’entreprise n’existent plus, et où règnent la pauvreté inutile et la souffrance. Dans un tel monde sans progrès matériel, la pauvreté trouve son lit et s’accroit, source des conflits d’intérêts internes, le progrès devient une préoccupation et exige que l’État prenne ses responsabilités.

 

L’État doit s’engager. L’engagement de l’État est nécessaire même s’il n’est pas suffisant. Comme un fanatique, l’État doit se saisir de cette idée de progrès économique et imposer sa volonté sur le sujet. Comme dit l’enseignement de Popper : les idées doivent être exprimées dans une forme qui permette de prouver leur vérité et leur fausseté. Si les idées sont fausses, personne ne prendrait le risque de s’engager dans un monde incertain.

 

L’idée de préparer une poignée d’élites centrafricaine n’est pas à écarter, surtout quand on sait qu’il y a carence à ce point. Tout comme l’État a créé les sociétés d’état, il peut prendre le risque de former cette classe d’élites de d’entrepreneurs. Il reste à étudier la formule de création de cette classe.

 

En tout état de cause, nous posons ici un sujet très important, même en ce sale temps dramatique et de chienlit, en prélude une réflexion sur ce nième dialogue national, comment créer l’économie centrafricaine ?

 

Charles Pierce dit que la matière n’est pas inerte, elle n’est pas gouvernée par les lois prévisibles et calculables et que la conscience créatrice est l’essence de l’univers ; perpétuellement, elle engendre de nouvelles énergies et de nouvelles idées.

 

Robert ENZA (07/05/2018)